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RETRAIT IMMEDIAT DE TOUTES LES TROUPES D’OCCUPATION ETRANGERES DE L’AFGHANISTAN!

L’ALLEMAGNE HORS DE L’OTAN!

Vous en souvenez vous encore ? Lorsque Bush lança sa « guerre contre le terrorisme » après le 11 septembre 2001, les puissances européennes se précipitèrent pour se mettre à la remorque des USA, et envoyèrent leurs propres troupes en Afghanistan, participant ainsi à une guerre d’agression en contradiction totale avec le droit international. Le fait que le gouvernement des Talibans n’était nullement impliqué dans l’attentat du World Trade Center, - même George Bush n’avait osé affirmer une chose pareille-, fut consciemment ignoré. Tout comme le fait que le gouvernement afghan était disposé à extrader Osama bin Laden dans un cadre légal, après présentation de preuves par les USA de sa responsabilité. Malgré cela, le gouvernement allemand déclarait impatiemment vouloir « mettre hors d’état de nuire les centres de direction et les camps d’entraînement des terroristes, de lutter contre les terroristes, de les appréhender et de les traduire devant la justice et de décourager définitivement des tiers de soutenir des activités terroristes » (Motion présentée le 7 novembre 2001 par le gouvernement allemand au parlement).

Qu’est que l’Allemagne veut faire en Afghanistan ?

En réalité, les plans pour une invasion de l’Afghanistan par les USA étaient déjà prêts depuis longtemps. On n’attendait que le bon moment pour les sortir du tiroir. La conquête militaire et le contrôle permanent de l’Afghanistan avaient acquis une énorme importance, suite à l’implosion de l’Union Soviétique. Il ne s’agissait pas de se rendre maître des ressources naturelles du pays mais de contrôler sa position géostratégique. Si les USA contrôlent l’Afghanistan, ils pourront, dans l’éventualité d’un conflit, couper les voies de transport utilisées pour le pétrole provenant d’Asie Centrale et les réserves de gaz naturels vers la Chine, et vers le sous-continent indien, qui connaît une croissance importante, et de là, toutes les voies navigables et terrestres vers le Sud-est asiatique. C’est de cette façon que les USA veulent protéger leur domination mondiale. En plus, cela permet à ses consortiums pétroliers de participer directement au marché pétrolier d’Asie Centrale.

Les ressources énergétiques d’Asie Centrale revêtent aussi une importance capitale pour l’Europe afin de pouvoir s’assurer son approvisionnement dans le futur. C’est cela la véritable raison pour laquelle les puissances occidentales, y compris l’Allemagne, s’acharnent tellement à participer à la guerre des USA en Afghanistan. Elles veulent aussi s’assurer une voix stratégique dans la nouvelle répartition du monde que poursuivent les USA de façon agressive. Il s’agit là d’une politique classique d’impérialisme. Et c’est ce que l’ancien ministre de guerre Peter Struck (SPD) a exactement voulu dire lorsqu’il déclarait que la Bundeswehr défendait les « intérêts allemands » dans la région de l’Hindou Kouch (chaîne de hautes montagnes sur la frontière avec le Pakistan).

Le passage d’une guerre d’agression à la domination l’arbitraire et la terreur d’une occupation.

Bush, Blair, Chirac et Schröder chantaient en chœur qu’ils voulaient libérer les femmes afghanes, mettre en place la démocratie et reconstruire l’Afghanistan. Dans ce but ils installèrent un gouvernement dirigé par un citoyen américain (et ancien cadre d’une grande société pétrolière américaine) Karsai. Ce gouvernement, à défaut de soutien populaire, est obligé de se baser sur une alliance de seigneurs de guerre réactionnaires, de marchands d’opium, et sur la guerre permanente menée par l’OTAN et ses alliés contre les Talibans, des tribus insurgées et d’autres seigneurs de guerre. Beaucoup d’Afghans, qui avaient espéré savourer plus de liberté et connaître moins d’arbitraire après la chute du régime de terreur islamique sectaire des Talibans, sont aujourd’hui convaincus que le plus grand mal vient de la corruption illimitée de cet appareil gouvernemental mis en place par l’OTAN, des forces armées dirigées par les USA, des troupes de l’OTAN et de leurs collaborateurs.

Ainsi, à la mi-juillet, tous les membres du parlement régional du Parwan ont annoncé leur démission pour protester contre la corruption. Trois jours auparavant, le gouverneur de la province de Karpisa, avait été démis de ses fonctions par le ministre de l’intérieur pour « incapacité » et pour avoir créer du mécontentement. Celui-ci, à son tour, rendait le gouvernement de Kaboul responsable du chaos qui règne dans le pays. La colère monte au Nord du pays, habité par des Tadjiks et des Uzbeks, et les tensions entre les seigneurs de guerre et les gouverneurs de province s’amplifient. Entretemps, on continue à étiqueter Gulbuddin Hekmatyar, un seigneur de guerre qui dispose d’une forte milice et jouit d’un soutien considérable parmi la population, d’allié de « El Qaida ». Dans le passé il fut soutenu et courtisé par la CSU (aile de la démocratie chrétienne en Bavière).

La baisse continuelle, commencée en 2001, de la production alimentaire constitue le fond sur lequel toutes ces tensions s’aggravent continuellement. Si on ne prend que les années 2003 et 2004, on voit que cette diminution atteint 43% ! A sa place, on constate que depuis 2001, la production d’opium, beaucoup plus lucrative, a augmenté de 1.000 (mille !) pourcent. Les bénéfices de cette production reviennent, en large partie, à ceux qui sont au pouvoir. Ils ne reculent devant rien en utilisant des méthodes maffieuses et se battent sans cesse entre eux et contre la population pour augmenter leurs profits.

La situation en Afghanistan n’a rien à voir avec la « démocratie ». La situation actuelle, comparée à celle d’avant la guerre d’agression de l’OTAN, a clairement empiré pour la plus grande partie de la population. La situation ne s’est même pas vraiment améliorée pour les femmes et les filles. Leurs droits officiels ont été à peine renforcés. Selon un rapport d’Amnesty International, la sécurité devant des attaques criminelles et terroristes a diminué. En Afghanistan, on peut seulement continuer à rêver de libertés démocratiques bourgeoises. Après que les Taliban et d’autres forces, qui se battent légitimement contre l’occupation de leur pays par les troupes d’occupation impérialistes de l’OTAN et ses alliés, ont été, sans distinction, « promus » au rang de « terroristes », la situation juridique ne s’est pas améliorée : des prisonniers sont maltraités, torturés, sont enlevés et transportés vers Guantanamo, voir tués. Est-ce que vous vous êtes déjà posé la question de savoir pour quelle raison aucun journaliste, travaillant pour les médias bourgeois ne s’intéresse, ne fut-ce qu’un tout petit peu, au sort des prisonniers faits par les commandos KSK de la Bundeswehr (une unité d’élite) à côté des unités de l’armée américaine? Est-ce que vous ne vous êtes jamais demandé pour quelle raison on tient le développement et le résultat des opérations militaires des troupes « de paix » allemandes secret ?

Les derniers mois, le nombre de victimes civiles de la « la guerre contre le terrorisme » ne cesse d’augmenter. Tout comme en Iraq, on bombarde des fêtes de mariages dans les villages et les écoles parce que soi-disant ils pourraient être des foyers du terrorisme. Même la marionnette Karsaï s’est vue obligée de critiquer publiquement l’OTAN : « Nous ne pouvons plus tolérer des victimes civiles ni la façon dont elles ont été provoquées». La tentative désespérée de sa part de prendre ses distances vis-à-vis du terrorisme des troupes d’occupation et faire preuve d’indépendance, lui sert peu.

Kaboul, la capitale afghane, a été transformé en un repère de brigands pour les caïds de la drogue et leurs acolytes. Ils se laissent protéger par des « forces de sécurité » privées, c’est à dire par des mercenaires. La population s'appauvrit. La propagande d’horreur menée par l’Occident dépeint tous les actes de résistance contre ces conditions de vie et contre l’occupant impérialiste comme terroristes.

La classe dirigeante de ce pays [il s’agit de l’Allemagne NDLT] sait que la guerre en Afghanistan constitue de tous points de vue un désastre. Elle balance entre l’exigence du retrait des troupes et une participation accrue à la guerre, afin de réaliser au moins une partie des buts qu’elle s’était fixée au départ. L’ancien inspecteur-général de l’armée allemande, Naumann, a déclaré que la seule raison pour laquelle il faudra garder les troupes en Afghanistan était qu’il ne fallait pas mettre en danger l’OTAN comme centre de liaisons pour la coordination des intérêts communs de l’impérialisme.

Et maintenant ?

Celui ou celle qui, dans les circonstances actuelles, continue à s’accrocher à la légende, diffusée depuis des décennies par les médias, que l’impérialisme allemand serait plus pacifique que celui des US, est tombée victime de ses propres illusions. Fait est que l’impérialisme allemand n’est que plus faible. C’est la raison pour laquelle il compte sur une division du travail et sur un compromis avec les Etats-Unis. Son but est de devenir une sorte d’auxiliaire des USA. Il n’y a pas de différence entre eux lorsqu’il s’agit du pillage et du contrôle des ressources naturelles du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale. Aucun échange pacifique et correct avec d’autres peuples n’est inscrit à l’ordre du jour. Nous luttons pour une rupture radicale avec ce type de politique. Le premier pas dans cette voie est le retrait de toutes les troupes impérialistes du « Tiers Monde ».

Ni le gouvernement allemand, ni les autres puissances impérialistes ne sont prêts à abandonner, de leur propre gré, la défense des intérêts du capitalisme monopoliste global. Lorsque cela s’avère nécessaire, le capital jette le droit international et les idéaux de la démocratie à la poubelle. Donnez une bonne leçon, qu’ils n’oublieront pas vite, au capital et au gouvernement ! Rejoignez-nous dans le combat pour le retrait de la Bundeswehr et toutes les troupes étrangères de l’Afghanistan ! Rejoignez-nous dans la lutte pour le retrait de l’Allemagne de l’OTAN. Participez aux manifestations organisées par le mouvement de paix !

Manifestation nationale, INITIATIVE MARXISTE, Samedi le 15-09-2007 à midi, Berlin Alexanderplatz, Rotes Rathaus